Aujourd’hui, on va parler d’un sujet qui m’a été en fait beaucoup demandé ces derniers temps (à la fois par mes coachés et par certains d’entre vous). Un sujet qui, curieusement, n’est pas souvent abordé dans le monde de l’entrepreneuriat ou même dans la société de manière générale. J’ai nommé évidemment la peur de réussir.

La peur de réussir, qui mène bien souvent à un auto sabotage plus ou moins conscient, et donc qui peut avoir des conséquences importantes sur votre business et son évolution.

Symptômes, explications et exercices pour s’en débarrasser, dans cet article je vous dévoile toutes mes pistes sur le sujet.

QU’EST-CE QUE LA PEUR DE RÉUSSIR ? 

Petite définition pas piquée des hannetons

Comme je le disais plus haut, on parle très très peu de la peur de réussir, surtout dans le domaine de l’entrepreneuriat. Peut-être même que ça ne vous parle absolument pas et que vous trouvez le terme très contradictoire. 

Comment pourrait-on avoir peur de réussir ?

Et pourtant c’est quelque chose que j’observe énormément autour de moi, chez mes collègues, chez mes proches et chez mes coachés à partir du moment où les premiers résultats arrivent, et les premières actions sont mises en place. 

La peur de réussir c’est le fait de vouloir de tout coeur réussir … tout en ayant très peur que cela se produise. Cela crée un vrai conflit au sein de nous : à la fois on veut réussir plus que tout, et à la fois nos actions font tout pour ne pas que ça se produise. 

Un véritable décalage se met en place entre ce qu’on veut (dans notre tête) et les actions qu’on effectue tous les jours (qui sont plutôt dictées par cette peur de réussir). De quoi devenir schizophrènes. 🤪

Comment expliquer la peur de la réussite

Vous vous en rendez compte : dans la vie, les êtres humains expérimentent tous la peur. C’est l’émotion la plus primitive et la plus ancrée en nous (à la base pour nous éviter de nous faire bouffer par des tigres aux dents de sabre). C’est un réflexe tout à fait normal.

Peur de perdre, peur de gagner, d’être aimé, de ne pas être aimé, de se faire remarquer, de ne pas se faire remarquer, de ne pas gagner assez, de gagner beaucoup … Dès que nous sommes tentés de sortir de notre zone de confort, de notre « statut quo » on est amenés à ressentir la peur, à une échelle plus ou moins importante.

La peur de réussir, en réalité, touche plusieurs autres peurs

  • La peur du jugement de l’autre (qui touche elle-même au manque de confiance en soi). Réussir, c’est perçu comme être le clou qui dépasse de la planche. Et qu’est-ce qu’on fait sur un clou qui dépasse ? On tape dessus avec un marteau. D’où cette peur de se faire remarquer, de se distinguer des autres, de sortir du « groupe social » dans laquelle on se situe. 
  • La peur du changement. La fameuse peur de sortir de sa zone de confort, de quitter le connu (qu’on maîtrise) pour l’inconnu (qu’on ne maîtrise pas).
  • La peur de changer et de devenir quelqu’un d’autre. En France (surtout comparé aux pays anglo-saxons), la réussite est assimilée à quelque chose de mauvais. Les entrepreneurs qui réussissent sont forcément des « tricheurs », de « sales capitalistes » ou de « mauvaises personnes ». Et cette société dans laquelle on a grandi laisse forcément quelques croyances par rapport à la réussite.
  • La peur de l’échec. La peur de tout donner (en temps, efforts, énergie, argent). De ne pas récolter des résultats à la hauteur de votre investissement. Ou même de ne pas arriver « en premier ».
  • La peur de réussir … puis de tout perdre ensuite. Ben oui, quitte à devoir tomber, autant tomber du moins haut possible !

LES CONSÉQUENCES DE LA PEUR DE RÉUSSIR SUR VOTRE BUSINESS

Cette peur vicieuse qu’est la peur de la réussite peut avoir plusieurs conséquences sur votre business. 

La peur de réussir, c’est un peu comme si vous appuyiez en même temps sur le frein et l’accélérateur de la voiture qu’est votre business : vous n’allez pas aller très loin comme ça (en plus d’endommager le moteur).

Se retrouver paralysés par la peur de réussir

C’est la pire conséquence de la peur de réussir sur votre business. Ne plus oser avancer. C’est ce qui se passe si, par exemple, tout votre business est prêt (site internet, offre, tarifs) … mais que vous n’osiez pas poster sur les réseaux sociaux pour vous faire connaître (ben ouais, ce serait trop bête de vous faire connaître ! Imaginez que vous trouviez des clients ? 😱).

S’auto saboter et ralentir sa progression

La peur de réussir se traduit très souvent par un auto sabotage, comme si on voulait s’empêcher de réussir trop vite, ou trop fort.

Par exemple, on se met à procrastiner énormément sur les tâches qui (on le sait) peuvent avoir le plus d’impact sur notre business. Nos journées sont ultra remplies de toutes les tâches qu’on peut imaginer …  sauf celles qui ont le potentiel de tout changer pour nous et notre business (et la plupart du temps c’est la communication et le fait de se faire connaître !).

Un autre exemple très parlant (que j’ai vécu un certain nombre de fois lorsque j’étais retoucheuse photo !) c’est de procrastiner sur un mail d’un client qui nous demande un devis … Et généralement plus le devis est gros, plus on met de temps à répondre !

Le fait de fixer des tarifs trop bas peut aussi être un symptôme d’un auto sabotage et d’une peur de réussir (même si, évidemment, d’autres facteurs comme l’impression de manque de légitimité et la confiance en nous interviennent également).

Et c’est vrai qu’on pourrait le résumer de cette manière :

« Rêver c’est facile. Assumer ses rêves de manière à les réaliser, c’est une autre paire de manches. »

La peur de réussir chez les entrepreneurs, ou comment s'auto saboter en beauté. Un article du blog www.thebboost.fr
épinglez pinterest article de blog TheBBoost

COMMENT TRAVAILLER SUR SA PEUR DE RÉUSSIR

Comme je le dis souvent : prendre conscience d’une peur (ou d’un blocage), c’est déjà avoir effectué le pas le plus important. S’en débarrasser n’est ensuite qu’une question de mettre en place les bonnes actions.

Et du coup, je vous propose 3 actions pour commencer à travailler sur la peur de réussir.

1) Changer le rapport qu’on a à cette peur de réussir

Et si on arrêtait de considérer la peur comme étant quelque chose de négatif, d’handicapant, qui nous dessert au quotidien ?

« La peur n’est pas l’ennemie. Attendre de ne plus avoir peur l’est. »

André Gide

J’aime beaucoup cette citation. Elle nous apprend que le vrai problème ce n’est pas le fait d’éprouver de la peur, mais bel et bien les actions qu’on met (ou pas !) en place une fois qu’on a éprouvé cette émotion.

En réalité, si on décortique les choses, la « peur » ce n’est en fait qu’un signal de notre cerveau qui nous indique que nous sortons de notre zone de confort, que nous nous aventurons en territoire inconnu. 

Dans son livre Everything is Figureoutable, Marie Forleo nous challenge à nous demander si la peur, ce n’est pas au final quelque chose de positif, comme une boussole qui nous indique ce qu’on doit faire, là où on doit aller. Qu’en fait, quand nous ressentons de la peur, ça signifie que c’est la bonne voie pour nous, la bonne direction à prendre. J’aime cette idée qui prend le contre-pied de ce qu’on a l’habitude de penser au quotidien. 

2) Le petit exercice qui change tout 

Un exercice que j’adore faire lorsque je me retrouve face à une peur d’avancer, c’est de prendre une feuille de papier et un stylo. D’un côté je note le « pire scénario possible » qui pourrait découler de cette action. Et de l’autre je note le meilleur scénario.

Ensuite, en dessous du pire scénario, je me note ce que je ferais si ce scénario devait se produit. Quelle serait ma réaction ? Quel plan B puis-je imaginer ?

Rien que ça m’aide souvent énormément à relativiser ma décision et à me rendre compte qu’en fait, je ne risque pas vraiment de mourir même si je me plante.

Et sous le « meilleur scénario possible » je note comment je me sentirais dans ce cas : les émotions que je ressentirais, les choses que je pourrais faire, ce que ça changerait pour moi.

Cet exercice tout bête est pourtant d’une puissance redoutable et marche à tous les coups pour moi !

3) Faire appel à un coach

Je recommande toujours de faire appel à un coach lorsqu’on rencontre des blocages et des croyances limitantes (et si possible un coach certifié ou en cours de certification qui saura comment vous accompagner correctement sur ces questions cruciales).

C’est un investissement, mais qui se récupère généralement très rapidement en termes de temps et d’énergie. 

Pour ceux qui souhaitent entamer un travail d’auto coaching ou de développement personnel, vous pouvez vous poser avec feuille et stylo, et répondre très honnêtement aux questions suivantes ;

  • Est-ce que réussir fera forcément de vous quelqu’un de différent ?
  • Si oui, en quoi ? Serait-ce en positif ou en négatif ?
  • Imaginez-vous dans 10 ans. Vous avez réussi à atteindre vos objectifs. Le vous de dans 10 ans, qu’est ce qu’il dirait au vous d’aujourd’hui ? Écrivez ses paroles.

Ce dernier exercice génère toujours de vraies prises de conscience et de gros déclics chez moi, il est très puissant.

4) Passer à l’action

Je vous le répète constamment, mais le passage à l’action est d’autant plus crucial lorsqu’on bloque par peur. N’oubliez pas : l’action est le meilleur antidote à la peur. Plus vous restez immobiles, plus vous permettez à cette peur de s’installer et de gagner en ampleur.

Et au contraire, plus vous passerez à l’action et plus ce sentiment de peur diminuera rapidement.

Et pour finir, rappelez-vous cette citation que j’adore :

« Il ne faut pas avoir peur du bonheur, c’est seulement un bon moment à passer. » 

R. Gary

(on dirait les citations dans les papillotes de Noël, non ?)


Voilà tout ce que je pouvais vous dire sur la peur de réussir ! Est-ce que c’est quelque chose que vous avez déjà expérimenté ? Comment est-ce que vous le gérez au quotidien ?

2 Comments

  1. Merci beaucoup pour cet épisode de podcast ! Tu m’as reboostée à suivre mes rêves et à me construire une vie à hauteur de mes ambitions. J’arrive malheureusement trop tard pour cette session de coaching, peut-être la prochaine !

    • Hello Edith, merci énormément pour ton retour, je suis tellement heureuse de lire que ça t’a remotivée à suivre tes rêves. Et ouiii, rendez-vous en Septembre pour une nouvelle surprise. 😘

Write A Comment