Aujourd’hui, on va voir pourquoi vous n’atteignez pas vos objectifs, malgré toute la motivation du monde et tous les post-it disséminés sur votre bureau. Je me suis posée la question après avoir visionné la vidéo d’un entrepreneur qui partageait sa méthode pour structurer ses journées de travail. Ça m’a amenée à regarder mon propre agenda, puis à passer au crible des centaines d’échanges que j’ai eus avec des entrepreneurs en coaching et le constat est toujours le même : ce sont les mêmes blocages qui reviennent, encore et encore.
Dans cet article, je vais être extrêmement honnête avec vous, pour vous permettre d’identifier ce qui freine réellement vos résultats. On va voir ensemble pourquoi vos maths ne sont peut-être pas bonnes, pourquoi votre agenda ne reflète pas vos priorités, pourquoi être accro à la nouveauté vous dessert, pourquoi il faut accepter de faire des sacrifices, pourquoi le brouillon et l’imperfection sont indispensables, et enfin un outil très concret pour progresser chaque semaine. Allez, c’est parti !
UNE VIDÉO D’ALEX HORMOZI A DÉCLENCHÉ UN DÉCLIC
L’autre jour, je suis tombée sur une vidéo d’Alexandre Hormozi, un entrepreneur US assez connu sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, il expliquait qu’il divisait ses journées en 3 blocs de 4h, soit 12h de travail au total : un bloc pour la promotion, un bloc pour la construction (le building), et un bloc pour le delivery, c’est-à-dire la livraison de ce qu’il vend à ses clients.
Ce qui m’a marquée, c’est qu’il expliquait que les entrepreneurs qui n’atteignent pas leurs objectifs sont souvent ceux qui ne consacrent pas assez de temps à la promotion de leurs offres, de leurs contenus, de leur business en général. Alors j’ai ouvert mon propre agenda pour vérifier. Et honnêtement, le temps que je consacre réellement à la promotion ne reflète pas un tiers de mon planning, loin de là.
J’ai poussé la réflexion plus loin : qu’est-ce qui fait qu’on atteint, ou qu’on n’atteint pas, ses objectifs ? Est-ce que c’est une question d’agenda ? De motivation ? De stratégie ? J’ai creusé la question avec mon expérience personnelle, et j’ai trouvé 6 raisons que je vous partage ici, sans filtre.
1. VOUS N’AVEZ PAS FAIT LES MATHS
La première raison, c’est celle que vous n’avez pas forcément envie d’entendre : vous ne faites pas les maths.
En ce moment, je lance une nouvelle offre en petit comité, un accompagnement de groupe pour les entrepreneures qui veulent dépasser le plafond des 100 000 à 150 000 euros de chiffre d’affaires alors qu’elles stagnent entre 50 000 et 70 000 euros. Beaucoup me disent qu’elles ne peuvent pas prendre plus de clients, tout en sachant qu’il faudrait des journées de 48h pour atteindre ce nouveau palier.
Quand je suis en call avec ces personnes, je fais le calcul avec elles, en direct :
- le nombre d’heures travaillées chaque semaine,
- le nombre d’heures réellement facturables, c’est-à-dire passées sur des projets clients,
- le taux horaire appliqué,
- multiplié par 44 semaines dans l’année, en laissant de la place pour les vacances.
Et souvent, le résultat tombe : leur plafond réel se situe à 60 000, 80 000 ou 90 000 euros avec leur fonctionnement actuel. Ça déclenche une vraie prise de conscience.
On se fixe très souvent un objectif sans jamais se demander s’il est réaliste, comme si la décision suffisait à produire le résultat. Mais un bon chef d’entreprise fait ce qu’on appelle du reverse engineering : on part du résultat visé, et on le décompose en chiffres clés à valider pour y arriver. Combien d’offres à vendre et à quel prix, combien d’appels découverte nécessaires, combien de contenus à publier en fonction de ce qui fonctionne historiquement pour vous.
Dans la conjoncture actuelle, où les marchés se contractent pour beaucoup d’entre nous, il faut mettre plus d’intentionnalité dans ses objectifs.
Demandez-vous : quels chiffres dois-je valider pour que mon objectif soit atteignable ? Ai-je la ressource, l’audience, les finances, le temps pour y arriver ? Posez-vous les bonnes questions avant de considérer qu’un objectif noté quelque part va se réaliser tout seul.
2. VOTRE AGENDA NE REFLÈTE PAS VOS PRIORITÉS
La 2e raison, je l’ai évoquée en introduction : votre agenda ne reflète pas vos priorités, ni votre objectif.
Et je me mets dans le même sac que vous, parce que ça m’arrive aussi. Je me dis parfois « je n’arrive pas à vendre assez » ou « mon contenu ne fait pas assez de vues ». Puis je regarde mon agenda je me questionne :
- quelle part je donne réellement à la création de contenu sur Instagram ou sur le podcast ?
- quelle part je donne au marketing et à la vente de mes offres ?
- quelle part je réserve aux jours de repos et aux vacances ?
Et à chaque fois, la réponse est la même : zéro, ou très peu.
Vous ne pouvez pas vous fixer un gros objectif, si cet objectif ne représente que 10 à 20 % de vos actions réelles. Ça ne peut tout simplement pas fonctionner ainsi.
Il y a une règle très simple à retenir : un objectif doit prendre de la place dans votre emploi du temps, c’est mathématique. La manifestation (cette idée qu’il suffit de visualiser ce qu’on veut pour que ça arrive) peut être un outil puissant pour certaines personnes, mais elle ne remplacera jamais un agenda structuré autour de ce qui compte vraiment. La prochaine fois que vous vous dites que vous n’arrivez pas à atteindre un objectif, ouvrez votre agenda et regardez quelle place il occupe réellement.
3. VOUS ÊTES TROP ACCRO À LA NOUVEAUTÉ
La 3e raison va piquer un peu, mais quelqu’un doit vous le dire : vous êtes trop accro à la nouveauté.
Dès qu’un truc ne fonctionne pas immédiatement, vous voulez changer de stratégie, changer de niche, changer de cible. Vous êtes en recherche constante de dopamine et de nouveauté, et ça ne peut pas fonctionner pour atteindre un objectif. Pourquoi ? Parce qu’il y a un truc que personne ne vous dit : atteindre ses objectifs, c’est ultra chiant.
Vous allez devoir répéter les mêmes tâches des dizaines, des centaines, des milliers de fois : créer du contenu jusqu’à ce que ça fonctionne, prospecter jusqu’à ce que ça fonctionne, faire vos calls clients jusqu’à ce que ça fonctionne. Vos journées vont se ressembler… et ça n’a rien de sexy, qu’on se le dise !
Pour vous donner un exemple personnel, ces derniers mois j’ai perdu environ 11 kilos en 3 mois. Beaucoup de personnes m’ont demandé comment j’avais fait. La réponse, c’est que c’est littéralement chiant : je mange le même nombre de calories chaque jour, à peu près les mêmes repas, je vais au sport 4 fois par semaine, je surveille mes macros, je sors beaucoup moins pour privilégier mon sommeil et mon alimentation.
Le mécanisme est le même pour votre business. Atteindre un objectif, c’est accepter des routines répétitives et peu excitantes, chaque heure, chaque jour, chaque semaine. Beaucoup d’entrepreneurs refusent ce travail répétitif parce qu’ils ont peur de ne pas y arriver, ou au contraire parce qu’ils s’ennuient et veulent sans cesse réinventer la roue. Si l’entrepreneuriat était aussi simple que de trouver la nouvelle idée miracle, tout le monde réussirait. Ce n’est pas le cas. La question à vous poser : est-ce que votre vie est assez chiante pour que vous atteigniez vos objectifs ?
4. VOUS VOULEZ TOUT EN MÊME TEMPS SANS RIEN SACRIFIER
La 4e raison va piquer aussi : vous voulez le beurre, l’argent du beurre et le sourire du crémier. Autrement dit, vous voulez des objectifs ambitieux, mais sans rien changer dans votre vie, sans inconfort, sans trop travailler, en vous économisant.
Je comprends l’envie, mais ça ne peut pas fonctionner ainsi. Quand on veut atteindre un objectif qu’on n’a pas encore, construire une vie qu’on n’a pas encore, quelque chose doit bouger. Il faut soit prendre des risques, soit travailler davantage, soit sortir de sa zone de confort, soit accepter de gagner moins pendant un temps. Il y a toujours un levier à actionner.
Même les personnes que vous admirez en ligne, celles qui ont le lifestyle dont vous rêvez, sont toutes passées par un moment où elles se sont beaucoup investies dans leur travail, où elles ont pris de gros risques, ou accepté des choses très inconfortables. Il n’existe pas de réussite simple, facile et fluide pour qui que ce soit, à de très rares exceptions près, et les exceptions ne font pas la règle.
Une question que je pose souvent aux personnes que j’accompagne, en individuel comme en groupe : qu’est-ce que vous êtes prêts à mettre dans la balance, et qu’est-ce que vous n’êtes pas prêts à sacrifier ? Certaines me disent qu’elles ne veulent pas sacrifier leur vie de famille, d’autres leur santé mentale, d’autres encore refusent de travailler beaucoup d’heures. Tout ça est légitime, mais il faut alors identifier ce qu’on met en face. Ma conviction profonde, c’est qu’on n’a rien sans rien : à grandes ambitions, il faut mettre un effort équivalent dans la balance.
5. VOUS N’ACCEPTEZ PAS LE BROUILLON ET LE TEST
La 5e raison, c’est que vous n’acceptez pas le concept de brouillon et de test. On revient à l’idée du mieux vaut fait que parfait. Vous ne supportez pas d’avoir une version imparfaite, une V1, vous ne voulez pas vous planter, et surtout vous ne voulez pas qu’on vous voie vous planter.
Mais est-ce qu’il existe des gens qui ont réussi du premier coup, sans jamais se planter ? Non, bien sûr que non. Si je prends l’exemple de la création de contenu, vos 50, 100 ou 200 premiers posts seront imparfaits. Pourtant, beaucoup ne supportent même pas d’avoir 10 posts qui « flopent » à la suite sans remettre en question toute leur légitimité à être entrepreneur.
Je pense notamment à la créatrice de contenu Jessie Jean, devenue très connue avec son lancement autour du « yap challenge ». Elle raconte elle-même que pendant des années, dans une autre industrie, elle postait tous les jours avec un succès modeste. C’est seulement avec son 2e ou 3e business, et après des années de présence constante, que ça a explosé.
Pour vous donner un exemple personnel récent, si vous regardez mes 20 derniers posts Instagram, vous trouverez des reels à 3 000 vues et d’autres à 80 000 vues, parfois publiés à quelques jours d’intervalle, alors que j’ai quasiment 100 000 abonnés. Quand un contenu « flope », je ne me dis pas que je suis nulle ou que les gens ne m’aiment plus. Je regarde plutôt :
- qu’est-ce que j’attendais de ce contenu, des vues ou des ventes, ?
- est-ce que l’objectif a été atteint malgré le flop apparent ?
- qu’est-ce qui, dans le contenu, n’a pas fonctionné pour l’audience ?
- qu’est-ce que je peux améliorer, même de 1 %, la prochaine fois ?
Ce que ça montre, c’est que pour un contenu ou une action qui fonctionne, il y en a souvent 20 ou 30 qui ne fonctionnent pas, et c’est vrai pour absolument tout le monde, y compris les entrepreneurs qui vous inspirent. Plus vous restez enfermée à vouloir une version parfaite avant de la rendre publique, plus vous prenez du retard. Il faut accepter d’embarquer dans le train imparfait, puis itérer et s’améliorer avec les retours du terrain.
6. LE CONCEPT DE BOUCLE D’ITÉRATION QUE J’UTILISE DEPUIS 2 À 3 ANS
J’ai un dernier point pour la route, que je ne qualifierais pas d’erreur mais plutôt de conseil pour maximiser vos résultats. Depuis 2 à 3 ans, j’utilise ce que j’appelle une boucle d’itération, et ça a changé ma manière d’atteindre mes objectifs, pros comme persos.
Le principe est simple : en plus de mettre en place les bonnes actions et d’accepter l’imperfection, il faut prendre du recul régulièrement pour analyser ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Mon petit bilan hebdomadaire ressemble à ceci :
- qu’est-ce qui a fonctionné pour moi cette semaine ?
- quelles actions de mon agenda m’ont rapprochée de mon objectif ?
- quelles actions je pensais utiles mais qui ne l’étaient finalement pas ?
- qu’est-ce que je peux faire différemment la semaine prochaine ?
- qu’est-ce que je veux continuer, arrêter, ou optimiser ?
Ce réflexe permet de gagner un temps considérable. Sans lui, on peut avancer pendant un mois entier dans une mauvaise direction, par exemple prospecter 10 000 personnes par jour sans se rendre compte que le ratio de réponses n’est pas bon, ou que ce ne sont pas les bons canaux ni les bons profils de clients visés. En faisant ce petit checkpoint chaque semaine, vous créez un véritable effet levier sur toutes vos actions, et vous développez une compétence précieuse de cheffe d’entreprise : la capacité à prendre du recul, à se remettre en question, et à progresser de 1 % chaque semaine.
Si je dois résumer tout ça en une phrase : un objectif qu’on atteint, c’est un calcul juste (on fait les maths), un plan d’action réaliste, un agenda qui reflète ce plan, et des répétitions, des routines parfois chiantes, mais qui vous gardent concentrée sur la bonne direction.
UN EXERCICE CONCRET À FAIRE DÈS CETTE SEMAINE
Pour conclure cette réflexion, voici un exercice simple qui reboucle avec la vidéo qui m’a lancée sur ce sujet. Prenez votre agenda des 7 derniers jours et coloriez chaque bloc de travail avec 3 couleurs différentes :
- une couleur pour tout ce qui relève de la promotion,
- une couleur pour tout ce qui relève de la construction (offres, contenu),
- une couleur pour tout ce qui relève du delivery, c’est-à-dire le travail livré à vos clients.
Regardez ensuite les blocs qui ne sont coloriés d’aucune de ces 3 couleurs, et interrogez-vous sur leur pertinence. Est-ce que les 3 catégories sont réparties de manière équilibrée, ou est-ce qu’il y en a une qui écrase complètement les autres ? C’est un exercice que je vais faire moi-même juste après avoir enregistré cet épisode, dans le cadre de mon propre bilan mensuel, pour voir si mon agenda a vraiment reflété mes priorités du mois.
Vous l’avez vu à travers cet article, atteindre ses objectifs n’a rien à voir avec la chance ou la motivation du moment. Cela commence par faire les maths et vérifier qu’un objectif est réellement réaliste, par s’assurer que votre agenda reflète vos priorités plutôt que vos bonnes intentions, par accepter que la réussite demande des routines répétitives et peu excitantes, par identifier ce que vous êtes prête à sacrifier dans la balance, par embrasser le brouillon et l’imperfection plutôt que d’attendre la version parfaite, et enfin par mettre en place une boucle d’itération hebdomadaire pour ajuster votre trajectoire. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’un objectif qui se réalise est toujours la somme d’un calcul juste, d’un plan d’action réaliste et d’une discipline répétée, pas d’un coup de chance ou d’une pensée positive. Si vous voulez transformer cette réflexion en action concrète dès cette semaine, je vous invite à télécharger mon template Notion pour vous organiser et pour faire le point sur votre propre agenda et vos priorités.
